Troisième long métrage d'Eric Barbier, Le Serpent est un thriller. Un photographe de mode (Yvan Attal) en situation conjugale délicate, voit débarquer dans sa vie un inconnu qui s’avère être un copain de collège (Clovis Cornillac). Peu à peu, il se retrouve pris dans les mailles d'une machination infernale fomentée par son ancien camarade d'école ivre de vengeance.
De ce point de départ qui a donné naissance à de nombreux thrillers, Eric Barbier tire une mécanique de précision haletante. Chaque morceau de ce puzzle diabolique s`encastre dans celui qui l`a précédé avec une logique terrifiante, sauf qu’à force de chercher une efficacité « à l’américaine », on vire parfois à la caricature, surtout que la musique en rajoute souvent des tonnes.
Clovis Cornillac profite d`un contre-emploi radical pour démontrer l`étendue de son registre dramatique, tandis qu`Ivan Attal se révèle convaincant en mouton enragé, cultivant son coté Al pacino. La bonne volonté de ces deux acteurs talentueux ne suffit pas à faire du serpent un excellent film, mais il ya quand même dans ce film de genre français, une sauvagerie qui risque ravir tous ceux qui attendent du cinéma qu`il les entraîne dans une autre dimension.