Sylvester Stallone, papy de 60 ans, remonte sur le ring. Regonflé à bloc et plus que jamais dans le coup.
Mais quel âge Rocky a-t-il exactement ? En tout cas, tout a changé depuis 1990 : Stallone a eu 60 ans, quelques navets dans la boite ; Rocky a perdu sa femme et il est devenu le patron d’un petit restaurant où il raconte en boucle ses exploits d’autrefois à ses clients. Ses heures quotidiennes passées sur la tombe de son Adrienne, ses déambulations nocturnes dans le quartier de ses débuts, à Philadelphie, tout cela distille un cafard certes calculé, mais à quoi qui donne une étrange épaisseur au début du film que l’on n’attendait pas dans un "Rocky". Surtout quand il se met à sangloter en expliquant qu’il se sent désormais inutile.
En même temps, cet épisode retrouve la naiveté utopique des origines: un petit boxeur de seconde zone se retrouve sur un ring face au champion du monde. Ce film est ainsi la réplique, l’avenir en moins, du Rocky original, où le boxeur de quartier n’a pas d’autre ambition que de gagner une seule fois. Avant de retourner à l’anonymat. La beauté du geste tient tout entière à son caractère crépusculaire, ultime, Jusqu’au bout-iste, et le film, plutôt réussi ne cède pas à la facilité d'un scénario entendu ou téléphoné.
Que cette épopée resurgisse encore aujourd’hui sur un ring où un sexagénaire tourmenté en fait baverà un jeune champion du monde, et que le film, à son tour, plaise au lieu de s’étaler lamentablement, cela rappelle un gimmick états unien: « Only in America ! ».