Hier soir, j’ai eu la chance d’assister au concert de “Grand corps malade” à l’Olympia… Deux heures trente pendant lesquelles le public a été totalement captivé. Personne ne bronche quand il pose ces textes très adroitement, seul sur la scène face à un public inconnu sans fioritures -drôle de public d'ailleurs: des lascars, des bobos, des bourges branchos, des jeunes, des vieux, des beaux , des moches, drôle de faune qui peuple la salle ce soir-. Il est très fort très émouvant…
La première fois qu’on entend son disque, on est saisi, enveloppé, par la voix de Fabien. Une voix basse, horizontale, paisible et ample, à la fois douce et imposante. Sur scène, c’est encore mieux, vraiment saisissant. Emouvant.
GCM est un optimiste, il n'y a pas vraiment de revendications, de posture, qui ressortent de ces slams et pourtant sans donner l'impression d'y toucher il philosophe, réfléchit, décrit, analyse notre société. Ses slams sont des observations de la vie ordinaire, transcendée par des mots qui slaloment. Des mots joueurs et surtout justes. L’air de rien, brillant mais modeste, « Fabien » fait de la philosophie, de la poésie, du reportage, du journal intime. Sans jamais la ramener, il slame en voisin. Ce qu’il raconte, il l’a vu de ses yeux, qu’il a grands. La poésie baigne tous ces textes et la musique qui en accompagne certains est vraiment excellente.
Car oui, il serait injuste d'oublier la musique. Justement elle à l'intelligence de se faire oublier, de n'être là que pour entourer le texte comme un cadre autour d'un tableau. Qu'elle soit jazzy ou bien simplement constituée d'une mélodie épurée interprétée au piano ou encore un jeu de percu endiablé, elle ajoute au sentiment d'irréel dans lequel vous plonge le concert.
Bref, ça vous prend aux tripes et ça ne vous lâche plus. L’amoureux des mots que je suis n’a pu que tomber éperdument épris de ces mots, de cette justesse qu’on ne peut comparer avec personne. Peut être un peu dans la veine d’un Miossec.