Huit ans que Jacques Higelin nous privait d'album studio. Huit ans, c’est long… Mais il n’avait pas complètement disparu : on le retrouvait régulièrement, trempant avec la nouvelle chanson française ('Je voudrais dormir', duo avec l’excellente Jeanne Cherhal). Son rafraîchissement du répertoire de Trénet ne m’avait pas emballé, bien au contraire, mais là, il revient en grande forme avec 'Amor doloroso' qui confirme ce goût pour l'épure textuelle et la rime malicieuse.
Tiens, on sent même une influence des textes de fiston... Une voix grave et sensuelle qui susurre avec classe une poésie teintée de grivoiserie : la marque semble déposée. 'Amor doloroso', c'est une suite de déclarations d'amour aux accents désuets.
Mais la réussite de ce nouvel album, tient surtout au fait que Jacques Higelin n’a, à aucun moment, cherché à synthétiser son univers, à le résumer, pas plus qu’il n’a cherché à en faire une démonstration. Amor doloroso est tout sauf un best of des meilleures chansons d’Higelin depuis dix ans. S’il contient pourtant de toute évidence « le meilleur d’Higelin » c’est parce qu’il a su en garder la surprise, en préserver la teneur.